Écrits sur l'art : L'Art moderne ; Certains ; Trois Primitifs

Écrits sur l'art : L'Art moderne ; Certains ; Trois Primitifs

Joris-Karl Huysmans

Language: French

Pages: 367

ISBN: 2:00301919

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Huysmans a publié trois ouvrages de critique d'art: L'Art moderne (1883), Certains (1889) et Trois Primitifs (1905), composés à partir d'articles parus dans la presse. Après s'être essayé, dans L'Art moderne, au compte rendu de la visite des salons officiels et des expositions impressionnistes, il propose, dans Certains, l'inventaire de ses goûts personnels, en s'attachant à l'étude de peintres - Pierre Puvis de Chavannes, Gustave Moreau, Odilon Redon, Félicien Rops... - et de thèmes particuliers: "Le fer", "Le monstre", etc. Dans Trois Primitifs, enfin, il s'attarde sur des artistes jusque-là négligés: constitué d'une monographie de Mathias Grünewald et du récit de la visite de l'Institut Staedel de Francfort, ce texte apparaît comme un retour sur l'origine même de son intérêt pour les arts plastiques. Souvent ironiques et pleins de verve - Il peint à la bile, comme d'autres à la gouache, à l'encaustique ou au pastel écrivait Charles Maurras -, ces écrits présentent un double intérêt: outre qu'on y découvre les peintres de prédilection de Huysmans, de Degas à Caillebotte, en passant par Renoir, Monet et Hokusai, ils éclairent aussi, par ricochet, les romans de l'auteur et la fonction singulière qu'y assument les œuvres d'art.

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œil énorme comme un fanal, pourrait évoquer maintenant des rêveries propices. Quant à M. Ingres, il imagina un bon tocasson d’étain, alors qu’il peignit son Angélique1 ; depuis lors les Japonais sont les seuls qui tentèrent de procréer réellement des monstres. Certaines figures d’Hokusai, des femmes surtout, semblables à des fées pendues dans la brume, avec des cheveux tombant en saule pleureur sur des faces diminuées et pâles, ont des aspects de fantômes, réalisent des apparitions de spectres,

vieux peintre. Le portrait de Madame Devauçay n’appartient malheureusement pas au Louvre, mais un autre s’y trouve qui le rappelle un peu et soutient le panneau de la déplorable salle qu’il honore, le portrait de Madame Rivière, assise sur un divan d’azur et vous regardant, immobile sous des coques de cheveux bruns. Là encore la fidélité de l’artiste nous requiert. Les chairs sont burgautées, sans granules, lisses ; le châle qui est placé près d’elle est pointillé comme une aquarelle indienne ;

sont horriblement talés, ils coulent sans avoir atteint pourtant le degré de pourriture nécessaire pour se liquéfier de la sorte. Après cette marmelade de fruits blets, passons aux figurines d’ivoire et de stuc. Le portrait de Mme la marquise de Trois Étoiles19 est un de ces ivoires les mieux réussis du Salon. J’admire de tout cœur cette dureté des chairs, j’aurais cependant préféré que M. Cabanel serrât encore de plus près la nature de l’ivoire et de l’os. Il y a aussi de jaunes striures, des

de l’impressionniste que je viens de citer les aquarelles qui décèlent, en effet, un sens très particulier et très vif de la vie contemporaine ; ce sont de petites merveilles de la réalité parisienne et élégante. Nous voici parvenus enfin dans la salle réservée aux gravures. La première réflexion qui nous vient est celle-ci : L’honorable corporation des burinistes est pleine d’artisans laborieux et habiles ; mais, de véritables artistes, elle n’en compte point ! Aussi, serai-je sobre de noms ;

de deux touffes de cheveux en escalade, projetant les yeux hors du front, tordant sa bouche en fer à cheval, dans un rire d’hospice, s’enlevait en l’air, et fouettait à tour de bras, le délire de l’orchestre au-dessus duquel passait subitement, en pétillant comme une fusée, un minuscule train. Agoust devenait presque satanique dans ce dessin qui bondissait, étoffé de rouge sur un fond verdâtre pointillé d’encre, surmonté d’éclatantes lettres blanches, doublées de noir. Cette joie démentielle,

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